« Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu
Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français à la coopération, d ...
Nous imaginons très mal la responsabilité de la France (et plus largement des puissances occidentales), dans les souffrances inimaginables de l’Afrique.
Corruptions économiques, guerre, crimes de guerre, crimes contre l’humanité jusqu’au génocide, notre implication dans les maux du continent est écrasante.
Comme le dit le philosophe Peter Sloterdijk, « Nous sommes sur les lieux du crime, et nous n’avons pas d’alibi : le Nord ne se pose pas le problème de l’alibi. »
Car les appareils culturels et idéologiques nous renvoient l’image d’une Afrique misérable, soutenu à bout de bras par notre bienveillance.
En dehors d’un soleil généreux, le pauvre africain disposerait d’une terre ingrate. Et une rhétorique nauséabonde entretient l’idée de l’africain « retardé », « sous-développé », ayant refusé le « progrès », pas mûr pour la démocratie, pas encore entré dans la « modernité », etc.
Celle-ci se place dans le fil droit des discours coloniaux du passé voulant imposer la civilisation aux barbares et aux sauvages. Notre complexe de supériorité, propre aux vainqueurs qui écrivent l’histoire et contrôlent les instruments de propagande, reste bien prégnant. Seuls les mots changent, pour rester dans le « politiquement correct » de notre époque.
La réalité, c’est que le continent africain est extrêmement riche, en ressources énergétiques (uranium, pétrole, gaz), en minerais, terres agricoles, bois, végétaux, et attire de ce fait, les convoitises meurtrières des pays occidentaux depuis plus d’un siècle, et plus récemment des pays asiatiques.
La réalité, c’est que « de tous temps, les pilleurs ont endetté les pillés ». La dette contractée par l’Afrique a été conçue comme un outil de prédation économique, permettant de capter les richesses du continent, et de maintenir sous dépendances étroites ses populations.
La réalité, c’est que l’opacité offerte par les paradis fiscaux a permis aux classes politiques et économiques dirigeantes du Nord et aux potentats du Sud, de profiter de la manne africaine en toute impunité, d’organiser des trafics d’armes illégaux, des opérations mafieuses et criminelles…
Depuis 20 ans, l’association Survie mène un travail d’information remarquable et dévoile la face cachée des relations franco-africaines.
En s’appuyant sur plusieurs centaines de correspondants en France et en Afrique, Survie sensibilise les citoyens français à travers son site Web, sa lettre d’informations, ses publications et diverses actions de lobbying visant à interpeller les décideurs économiques et politiques sur « le plus long scandale de la République », selon la formule de l’ancien président de Survie François-Xavier Verschave.
« Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu
Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français à la coopération, d ...
04/02/2009
Un article intéressant de la journaliste Pascale-Robert-Diard, dans le Monde du 4 février, sur le procès de l’Angolagate.
http://www.lemonde.fr/archives/article/200...