Le désastre écologique et social, de plus en plus visible, impose des réponses.
Personne ne peut rester indifférent aux dégâts incommensurables provoqués par les multiples crises de notre époque.
Aussi, les gouvernements, les élites économiques et intellectuelles, les experts ne sont pas avares d’idées, de propositions, censées réparer, ou au pis atténuer, les conséquences de notre modèle de vie. Les médias relayent avec rapidité et efficacité les « remèdes », pour compenser le flot régulier et ininterrompu de mauvaises nouvelles.
La crise s’aggrave toujours, mais on peut garder l’espoir et l’illusion que des réponses sont en gestation et vont nous sauver de la catastrophe annoncée.
Rien n’est malheureusement plus faux, et on peut dire que la plus part des propositions médiatisées, font parti du problème et non pas de la solution. Elles s’inscrivent toutes dans le courant de pensée à l’origine de la crise.
Comme le disait Albert Einstein « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».
Le développement durable ou le commerce équitable font parti des réponses fumeuses adoptées avec cynisme ou naïveté par la majorité des entreprises, et avec enthousiasme par une part grandissante des consommateurs. Les qualificatifs vertueux « durable » ou « équitable » sont supposés résoudre par miracle les effets néfastes du « développement » ou du « commerce ».
Les agrocarburants vont nous permettre de rouler proprement, sans craindre la fin du pétrole. Les biotechnologies vont éliminer le spectre de la famine. Le nucléaire est présenté comme une ressource énergétique propre et illimitée…
Les oxymores (*) ou les révolutions technologiques annoncées nous empêchent de voir la réalité telle quelle est, et nous éloigne toujours plus des changements nécessaires et vitaux.
(*) Un oxymore est l’association de deux mots opposé. Le pouvoir contemporain abuse de cette figure de style permettant d’atténuer les effets monstrueux ou négatifs d’un terme. Ainsi on parle de "guerre propre", "frappe chirurgicale", "mondialisation humaine", "développement durable", "commerce équitable", "croissance propre", …