« Le rapprochement que l’on peut faire entre les quantités consommées, l’accélération prévisible et l’estimation des réserves présentes dans l’environnement montre, quelles que soient les incertitudes, que l’épuisement est une perspective extraordinairement proche à l’échelle du temps des sociétés humaines, un siècle tout au plus. » André Lebeau, physicien
Notre mode de vie épuise les ressources naturelles de la planète. Il n’est pas durable.
La seule inconnue est le temps : une à deux générations pour finir de piller les ressources du globe?
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Pour illustrer cette impasse mortelle, le professeur William Rees a inventé le concept d’empreinte écologique, popularisé par la suite par le WWF.
L’empreinte écologique traduit l’impact des activités humaines en équivalent de surfaces terrestres nécessaires.
Si tous les habitants de la planète vivaient sur le niveau de vie américain, il nous faudrait 5 planètes, 3 planètes sur le niveau de consommation moyen d’un français, et un quart de planète suffirait si nous avions la sobriété d’un habitant du Malawi, petit état situé en Afrique Australe !
Nos écosystèmes ont tenu tant bien que mal jusqu’ici car la majorité des terriens (Asie, Afrique, Amérique du Sud) ne vivaient pas au niveau de la consommation d’un occidental. Mais dès 2005, selon le WWF, on aurait excédé les capacités de la Terre de 30%, et les occidentaux à eux seuls (Amérique du Nord et Europe) consommeraient déjà un peu plus d’une planète.
Nul doute que la pression démographique au Sud, additionné du mimétisme des pratiques de consommation et de gaspillage encouragées par la mondialisation économique, nous conduira très rapidement dans le mur.
En 2050, si rien ne changeait, deux planètes seraient nécessaires pour faire face à la démesure de notre civilisation.
Les limites physiques de la planète posent crûment la question de l’injuste répartition actuelle des ressources entre les êtres humains, et la remise en cause urgente d’un modèle de consommation insoutenable.
Comme le reconnaissait un responsable chinois « Notre développement est basé sur la destruction de l’environnement et l’épuisement de nos ressources naturelles. Ce modèle n’est pas possible à long terme. Maintenant nous manquons de pétrole, d’eau, de céréales, de coton. »
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Le WWF a calculé l’empreinte écologique de différents produits de consommation courante. Pour produire 1 kg de maïs, il faut 900 litre d’eau ; pour un 1 tee-shirt en coton, 2700 litres d’eau ; pour 1 hamburger, 2400 litres d’eau ; pour 1 kg de bœuf, 15.500 litres d’eau, pour 1 feuille A4 : 10 litres d’eau, pour 1 tasse de café : 140 litres d’eau.
Le cas du téléphone portable est aussi tristement significatif d’un modèle de civilisation intenable. Il traduit aujourd’hui un statut social, et chacun tient à paraître avec le dernier modèle.
Plus d’un milliard de téléphones portables se sont vendus dans le Monde en 2007 (Nokia est le leader incontesté avec plus de 30% de part de marché).
Le téléphone portable est un concentré de nuisances matérielles et sociales.
Un portable contient 63 % de matières plastiques et des métaux tels que le Nickel, zinc, fer, cuivre, coltan et une pile pouvant contenir de l’arsenic, du plomb, du lithium…La puce du téléphone pesant 2 grammes, nécessite 1,7 kg d’énergie fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de produits chimiques et 32 litres d’eau.
Sur le plan social, les conditions d’exploitation d’un des minerais utilisé tel que le Coltan, s’apparentent à un crime contre l’humanité. Le Coltan est un minerai très rare, et très cher. On le trouve en Australie, au Canada et en République Démocratique du Congo.
Dans ce dernier pays, les intermédiaires peuvent le trouver à des conditions de prix très avantageuses pour répondre à la demande des grands opérateurs téléphoniques. Mais la contrepartie est terrible.
Plusieurs rapports de l’ONU montrent que le commerce du Coltan dans cette région du Monde entretient des guerres ignobles, dont le financement est soutenu par des multinationales. Les factions en présence ont anéanti les communautés locales et ont recours au travail des enfants pour exploiter les mines.
En dehors des conditions d’exploitations inhumaines, les mines à ciel ouvert provoquent aussi des dégâts considérables sur l’environnement.
Nous sommes directement interpellés en tant que consommateurs compulsifs d’outils high-tech, renouvelant toujours plus vite nos téléphones ou ordinateurs, dans une course dérisoire à la puissance technologique et aux gadgets.
Ils ont dit…
« L’humanité a vécu depuis toujours dans un usage relativement équilibré des sources naturelles d’énergie […]. A un moment donné, l’occident est sorti de cet équilibre, certes instable, mais qui jusque-là avait fonctionné comme principe de précaution, un principe implicite dans toutes les civilisations. Nous avons rompu un pacte avec la nature, un pacte qui n’était pas du tout synonyme de technophobie. » Alain Gras
« Curieusement, on juge la prospérité d'un pays à ce qu'il produit-le PIB-et celle d'un individu à ce qu'il possède-son patrimoine. Le long terme et le patrimoine naturel n'entrent pas en ligne de compte. » André Lebeau
Rapport du Millenium Ecosystem Assessment pour les Nations –Unies « Clairement, la double tendance d’une dégradation continuelle de la plupart des services que rendent les écosystème et la hausse continuelle de la demande pour ces mêmes services ne peut pas se poursuivre »
Définition de l’empreinte écologique par William Rees « L’empreinte écologique est la surface correspondante de terre productive et d'écosystèmes aquatiques nécessaires pour la production des ressources utilisées et l'assimilation des déchets produits par une population définie à un niveau de vie spécifié, là où cette terre se trouve sur la planète »