Selon le dernier rapport, publié le 9 décembre 2008, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 40 millions de personnes de plus souffrent de la faim par rapport à 2007.
Télécharger l'image
La planète compte donc maintenant 963 millions d’affamés. On continue à s’éloigner des objectifs du « millénaire pour le développement », qui visait à réduire de moitié, d’ici 2015, les personnes souffrant de la faim.
Pourquoi cette injustice innommable perdure ? Comment n’arrive-t-on pas à résoudre ce problème, alors que, toujours selon les Nations unies, 48 milliards par an suffirait, non seulement à nourrir tous les affamés, mais également à répondre à l’analphabétisme et aux soins de santé essentiels ?
48 milliards à comparer avec les milliers de milliards déversés en un temps record pour sauver les banques ! Ou quand l’indécence côtoie l’incapacité des états à adresser les véritables causes structurelles de la faim dans le Monde.
Car il ne s’agit pas tant d’un enjeu financier « donner 48 milliards à ceux qui auraient faim », que de ne pas empêcher les gens de se nourrir par eux-mêmes !
La FAO, dans son dernier rapport, met justement en évidence que les familles les plus vulnérables sont celles dépendantes d’aliments faisant l’objet d’un commerce mondial, tels que le riz ou le maïs. A contrario, les ménages ayant gardé une alimentation à base de cultures traditionnelles et locales, comme le manioc ou le sorgho pour de nombreux pays africains, souffrent moins de sous-alimentation chronique, et surtout sont protégés des variations des cours internationaux.
Enfin (!) la FAO pointe une des véritables causes de la crise alimentaire dans le Monde. Pendant des décennies, l’occident a poussé les états du Sud, à développer une agriculture exportatrice (caco, café, coton, banane…), au détriment de leurs cultures locales et vivrières.
L’Afrique ainsi, qui ne connaissait pas la sous-alimentation chronique avant 1950, est devenue un continent touché structurellement par ce fléau. La responsabilité des grandes nations est écrasante.
A titre individuel, nous sommes chacun concerné dans le problème de la famine. Nourrissons-nous avec des cultures importées des pays africains, sud-américains et asiatiques, ou bien privilégions-nous une agriculture de proximité et saine ? La crise alimentaire se résoudrait simplement et durablement par un changement radical dans nos pratiques alimentaires : local et exempt de produits chimiques. Sans compter que l’on soulagerait du même coup la crise environnemental.
Pensons-y quand on fait nos courses, plutôt que de se résigner à l’apitoiement ou l’indignation devant les 963 milliards d’affamés en 2008, qui deviendront 2 milliards d’ici quelques années selon les prévisions des experts agronomes.
